Les Chutes de Joyce Carol Oates

(Longue absence… Real Life la relou a frappé fort, mais me revoilà, après lui avoir fichu un sacré coup de pied aux fesses.)

Voilà typiquement le livre qui patientait depuis un moment dans ma bibliothèque et dont je repoussais la lecture. Pourquoi, je ne sais pas trop. Le genre de livre qu’on a envie de lire, mais dont on remet la découverte à plus tard, la faute à des envies compulsives d’autres lectures. Et puis finalement, on finit par se dire que c’est le bon moment, et on plonge dans Les Chutes en se laissant emporter 😉

QUI, QUE, QUOI ?

Joyimg_0235ce Carol Oates, auteur américaine qui multiplie les genres avec succès, parfois sous différentes identités (Rosamond Smith ou Lauren Kelly). Finaliste à deux reprises du prix Nobel de littérature, entre autres. Bref, une dame bien installée dans le monde de la littérature.

Ce roman, c’est d’abord celui de « la Veuve blanche des Chutes », Ariah Littrell qui se réveille au matin de sa nuit de noces en veuve. Se considérant maudite, elle erre autour des Chutes du Niagara dans lesquelles son époux s’est jeté, hagarde. Elle attire l’attention et les sentiments de Dirk Burnaby, brillant avocat. Un amour réciproque, une vraie passion se crée, et voilà qu’Ariah n’est plus seulement l’épouse d’un mort. Mais la malédiction des Chutes semble vouloir frapper à nouveau.

MON AVIS

Sans mauvais jeu de mots (en fait si), j’ai vraiment plongé à lecture perdue dans les Chutes. Dès les premières pages, j’ai été séduite par l’écriture envoûtante de Joyce Carol Oates et cette histoire maléfique. Je ne connaissais pas sa plume, et quelle révélation ! Réalisme, profondeur, angoisses et espoirs, tout ça sans phrases lourdes.

Le personnage d’Ariah, avec sa fragilité, son physique frêle, cette aura névrosée, a quelque chose d’à la fois fascinant et dérangeant. Ariah est aussi agaçante (même parfois rageante) que touchante.  L’histoire se construit autour de sa personnalité complexe, de sa conviction d’être maudite, de son couple avec Dirk. Et à partir de cette petite cellule familiale, on découvre aussi l’histoire d’une région transformée par l’expansion économique et industrielle des années 1950/1960, étroitement liée au destin de la famille Burnaby. Un travail psychologique énorme sur les personnages couplé à une découverte d’un pan de l’histoire américaine, croyez-moi, ça veut le détour.

Quelques digressions qui font que le roman m’a semblé traîné parfois en longueur, m’enfin, je chipote. Vraiment, un concentré d’obsessions, de trahisons, de doutes et de désirs. A lire !

Vous connaissez Les Chutes ou Joyce Carol Oates ? Cela vous donne envie de vous y plonger (et revoilà le mauvais jeu de mots…) ?

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