Les meilleurs méchants de dessins animés

Et qui vous ont donc fait claquer des dents quand vous étiez gamin.

J’adore les films d’animation. Pour l’agréable sensation de retourner en enfance, pour l’humour souvent réussi et à plusieurs niveaux et pour les personnages souvent hauts en couleurs. Le héros/l’héroïne, ses adjuvants souvent drôles et adorables… Et les supers méchants qui sont pas toujours bien nets dans leur tête. Bien souvent, leurs chansons sont géniales, et l’aura angoissante qu’il dégage donne un rythme particulier à l’histoire.

Voilà donc mon top des meilleurs méchants. J’ai volontairement réduit à seulement 5, même si la liste des méchants de dessins animés est immense et que beaucoup mériteraient de s’y trouver. Disons que pour moi, ces cinq-là sont au top niveau de méchanceté, même s’ils ne sont pas tous les plus connus.

N° 5 : John Ratcliffe, le gouverneur raciste

(Pocahontas, Disney, 1995)

John Ratcliffe arrive sur le Nouveau-Monde avec une idée en tête : devenir riche, puissant, et pourquoi pas finir par devenir roi. Après tout, pourquoi pas. Le problème chez Ratcliffe, c’est que sa méchanceté est à la hauteur de ses ambitions. Cruel, raciste, menteur, éprouvant peu de considération pour la vie humaine, je pense sincèrement que Ratcliffe pousserait sa mère dans un ravin pour un filon d’or. Exterminer les Indiens, piller leurs terres, exploiter à outrance la nature en la dévastant et au passage se débarrasser de tous ceux qui se trouvent sur sa route, voilà le programme du gouverneur Ratcliffe. L’opposition entre la douceur de vivre de la tribu de Pocahantas et la violence de Ratcliffe et ses hommes est nette, angoissante. Puisque les Powhatans ne veulent pas se laisser coloniser (et voler, soit dit en passant), ils doivent être exterminés.

Entre son racisme anxiogène et l’excellent jeu de réalisation sur son physique (grandeur/grosseur angoissante, jeux de lumières rouges/sombres sur son visage en contre-plongée…), John Ratcliffe m’a largement dérangée lorsque j’étais enfant, et continue de le faire.

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N°4 : Charles V et III font VIII et VIII font XVI, le tyran mégalo

(Le Roi et l’Oiseau, Paul Grimault, 1980)

Pour ceux qui ne connaissent pas ce film d’animation, foncez. Je compte en faire une chronique un jour, c’est un de mes incontournables, un coup de cœur gigantesque. Une magnifique métaphore des sociétés totalitaires, avec un hymne constant à la liberté en toile de fond. Oui, tout ça ♥

Charles V et III… (dont le nom à rallonge exprime bien la folie des grandeurs) est le monarque du royaume de Takicardie. Ou plutôt, le tyran d’un totalitarisme démesuré. Le roi possède tous les codes du dictateur : culte de la personnalité (et pas qu’un peu), règne par la terreur, surveillance constante de ses sujets à l’aide d’une technologie sur-développée, bureaucratie oppressante, concentration de tous les pouvoirs… Autant vous dire que vivre en Takicardie, c’est pas jouasse. Entre le fait de risquer un mariage forcé, de passer dans une trappe à disparaître ou de se retrouver jeté dans la fosse aux lions…

Bref, encore un méchant qui en plus d’être horrible, a le mérite de faire réfléchir.

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N° 3 : Le Seigneur des Ténèbres, ou le traumatisme de mon enfance

(Taram et le Chaudron magique, Disney, 1985)

(Mais à quoi pensaient mes parents, bon sang ?)

Le Seigneur des Ténèbres, au nom qui n’inspire pas vraiment confiance, est un roi sorcier qui a tout simplement l’apparence de la mort personnifiée avec un petit côté Satan grâce à ses cornes et son manteau rouge. Il veut conquérir le monde, devenir un dieu et pour ça, il a besoin du Chaudron magique qui va lui permettre d’engendrer une armée de morts-vivants. Tadaaaam ! Il est pas sympa lui, hein ? Atmosphère mortifère, visuels angoissants, et de manière générale, dessin animé vraiment étrange, tout est fait pour bien déranger le spectateur, et ça marche. Je vous le dis, je suis traumatisée et je pense au Seigneur des Ténèbres à chaque fois que j’entends le bruit d’un cochon qui hurle. (Maintenant, si vous n’avez pas vu ce dessin animé, il ne vous reste plus qu’à vous y mettre pour comprendre ce que je raconte)

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N°2 : Scar, le vil comploteur

(Le Roi Lion, Disney, 1994)

A défaut d’être le plus effrayant, Scar est peut-être celui qui déchaîne le plus les passions. Un des premiers gros sentiments d’injustice pour certains d’entre nous. Je crois qu’on se souvient tous de cette scène horrible du meurtre de Mufasa, et qu’on a eu du mal à s’en remettre. Jaloux, menteur, traître, médisant, Scar est bourré d’amertume et de méchanceté. Lorsqu’il devient le meurtrier de son frère, il est déjà horriblement cruel. Mais quand il pousse le vice jusqu’à accabler le petit Simba de la mort de son père avant de le pousser à l’exil dans le désert dans le but de le tuer aussi, là, on atteint le summum de la trahison. Aussi mielleux qu’il est cruel, Scar est un excellent méchant, qui écrase sa famille pour sa propre réussite, quitte à plonger le royaume dans la désolation. Et quand il disparaît à son tour, on éprouve une certaine satisfaction (pas forcément des plus saines, mais bon). Le physique de Scar sert bien sa personnalité très sombre, et mention spéciale pour la scène avec les hyènes, dans les tons verdâtres, avec son petit côté malsain qui nous laisse vite entendre qu’il est prêt à tout.

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N°1 : Frollo, le complexe

(Le Bossu de Notre-Dame, Disney, 1996)

Claude Frollo, c’est le super méchant dont on ne comprend clairement l’étendue de la méchanceté qu’une fois plus grand. Enfant, on sait qu’il est cruel, dangereux, et on en a peur. Adulte, on s’aperçoit de la complexité du personnage et de la violence qui l’habite sous ses airs austères. Et originalité, il ne se considère pas comme un méchant : persuadé d’être un homme vertueux, agissant pour le bien de Paris, il commet les pires crimes tout en demeurant parfaitement dans son droit dans son esprit. Un vrai fanatique. Frollo cumule  : le génocide des gitans, la séquestration et la torture psychologique sur Quasimodo, exécutions arbitraires, embrasement de la capitale… Convaincu d’être dans son droit, il ne s’arrête plus, d’autant qu’il est incroyablement perturbé par le désir qu’il éprouve pour Esmeralda. Car oui, Frollo est un personnage Disney qui ne ressent pas d’amour, mais qui est rongé par des pulsions charnelles, alors qu’il se veut exemplaire. Sa chanson devant les flammes de la cheminée est mémorable.

Frollo, personnage pervers et complexe, inconscient du danger qu’il représente et surtout, incroyablement dangereux, est pour moi le méchant le plus abouti du cinéma d’animation.

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Et vous, qu’en pensez-vous ?