Apprécier la solitude

Aujourd’hui, un petit article pour vous parler de quelque chose dont j’ai réalisé l’importance dans ma vie : son rythme. Après deux ans à vivre à 100 à l’heure, je vis cette année au ralenti, en m’octroyant des longs moments en tête-à-tête avec moi-même. Et c’est quelque chose d’incroyablement appréciable.

J’ai toujours été quelqu’un de relativement solitaire, depuis l’enfance. Cependant, la solitude angoisse  : enfant, ado, on m’a énormément poussée à fréquenter beaucoup les autres. Une ado qui ne fait pas partie d’un groupe, on a peur qu’elle soit malheureuse, sans doute. Cette angoisse s’est pas mal imprégnée en moi, et j’ai fini par me convaincre que pour être heureuse, il fallait que je sois constamment entourée d’amis.

J’ai donc passé plusieurs années à entretenir une vie sociale trépidante, avec les moments de bonheur que cela a entraîné (ô mémorables fous rires…), mais malheureusement, aussi à stresser. Quand vous cherchez à tout prix à paraître socialement épanoui, vous finissez par entrer dans un cercle vicieux tout sauf sain. Guetter les Facebook des autres, et se sentir mal parce qu’ils ont l’air plus heureux que vous, plus épanouis, moins seuls, plus aventuriers, etc. Être entouré devient alors une pression sociale étouffante, qui vous fait tenir un rythme de vie qui initialement, n’est pas le vôtre.

L’été dernier, avec mon compagnon, on a déménagé suite à nos mutations respectives. Dans un joli coin, en pleine nature, dans une maison avec vue sur les champs. Le village est isolé, en bord de forêt, truffé de chemins de randonnées. On se retrouve donc souvent tous les deux (enfin tous les trois, avec notre chien). Nos amis nous rendent fréquemment visite, mais par rapport à la vie trépidante de centre-ville à vivre à cinq cent mètres les uns des autres et des bars bondés, les choses ont ralenti. C’est agréable, de se retrouver des week-end entiers tous les deux, même parfois longtemps sans parler.

Mais ce que j’apprécie énormément, c’est de renouer avec la solitude. La bonne solitude, celle dont on a besoin de temps en temps, qui n’angoisse en rien, et repose en tout. Plusieurs fois dans la semaine, j’ai pris l’habitude de mettre mes chaussures de marche, de prendre mon chien, et de marcher à travers la campagne, dans le silence souvent le plus total. Et comme c’est agréable ! J’entends tout, et à la fois, j’entends rien, vous voyez ? Je réfléchis, je décompresse, je prends du recul.

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Ce rendez-vous avec soi-même, en pleine nature, en plein silence, à juste laisser courir ses yeux sur le paysage, sans se préoccuper de devoir courir quelque part… Je ne pourrais plus m’en passer. J’apprécie ma solitude au ralenti, enfin.

Et vous ? La solitude, elle vous angoisse ou vous en avez besoin ?