Blanche – Martin Demoulin

Sur Instagram, on fait parfois de jolies découvertes. Alors certes, il y a les recettes, les bougies, les jolies fleurs, les beaux carnets, et plein d’autres choses encore. Mais dans le monde plus ciblé du bookstagram, plus qu’admirer les jolies photos et les couvertures parfois sublimes de bouquins, j’aime bien piocher des inspirations pour mes futures lectures, qu’elles se rapportent à mon univers ou qu’elles en sortent. C’est au hasard d’Instagram que j’ai découvert le roman de Martin Demoulin, dont quelques citations m’ont donnée envie d’y fourrer mon nez, ou plutôt, mes yeux.

QUI, QUE, QUOI ?

Martin Demoulin est un jeune auteur qui ici, nous offre une autobiographie. Le narrateur, aux prises avec une histoire lourde et une mélancolie qui le gangrène, fait la rencontre de la mystérieuse « Blanche », séductrice et manipulatrice, qui l’entraîne rapidement dans une passion dévorante. Le narrateur vit Blanche, dort Blanche, respire Blanche, jusqu’à ce qu’il n’y est plus que Blanche. Je n’en dis pas plus : c’est selon moi le genre de livre dont il vaut mieux éviter de lire le résumé.

MON AVIS

Quelle surprise, ce petit roman ! Je l’ai lu d’une traite, et pas seulement parce qu’il est court. J’ai été happée dans ma lecture, emballée par l’écriture incisive de l’auteur et sa sincérité. Il y a quelque chose de beau dans les phrases de Martin Demoulin, peut-être parce que cette histoire lui appartient, mais en tout cas, il la délivre avec une justesse qui vient vous toucher directement. Le roman est court, mais il est efficace ; dès les premières lignes, on suit l’auteur sans peine. La passion dévorante que le narrateur éprouve pour Blanche, d’abord apparue comme un miracle salvateur, a très vite quelque chose d’épuisant, qui nous étreint aussi et que l’on ressent très bien dans l’écriture. Une écriture tantôt abrupte, dure, sans détours, tantôt tristement douce, poétique. J’ai beaucoup aimé le jeu de la double lecture que nous offre le roman, qui, même si on la comprend relativement vite, garde tout son intérêt. L’auteur joue aussi avec les répétitions, le leitmotiv, des procédés qui personnellement, me plaisent énormément.

J’ai en revanche parfois été un peu gênée par les conclusions de chapitres, trop évidentes, trop « servies » au lecteur, quand je préfère les mots à moitié dits. Cela fait l’effet de la phrase de trop, je trouve, alors qu’on sait, qu’on devine. Un peu dommage, quand on voit la subtilité dont est capable l’auteur. Néanmoins, cela reste rare.

Ce qui est à souligner en tout cas, c’est la sincérité de ce livre, et cette très belle écriture, que je trouve très prometteuse. Il n’est pas facile d’écrire un roman court ; le risque est grand de ne pas réussir à toucher son lecteur. Ce n’est pas le cas de Blanche. Moi qui ne suis d’ordinaire pas friande de témoignages, je suis très heureuse de m’être laissée séduite. C’était une lecture éclair, mais elle ne m’a pas ratée.

Tentés ?