Une série TV culte : le chef-d’œuvre The Wire (Sur écoute)

Vous le savez, je vous en parlais déjà lors de ma chronique de The Office,chez nous, les séries TV, c’est sacré. On ne regarde pas ou peu la télévision (dans le sens chaînes de télévision), pas très emballés par les programmes proposés et lassés par le pubs bombardées constamment, ce qui fait que mine de rien, on consomme beaucoup de séries. Parfois, c’est un flop, parfois ça démarre bien et on se perd en route, et parfois, c’est la révélation. La série sur laquelle on s’emballe, qu’on dévore, qui nous fait juste halluciner, débattre, réfléchir, rire, voire pleurer (ça, c’est ma spécialité).

The Wire, c’est la série qui m’a retournée comme une crêpe. Celle pour laquelle j’ai eu mal au ventre, qui m’a fichue des frissons impressionnants, et surtout, celle qui m’a fait énormément réfléchir. Si je vais faire un Top de mes séries préférées, ce serait celle qui serait tout en haut, car à mes yeux, c’est un vrai chef-d’œuvre du petit écran. Coup de cœur énorme.

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The Wire (Sur écoute en français) est une série américaine diffusée à partir de 2002, de 5 saisons, qui prend place dans la ville de Baltimore. Le pitch de départ est simple, assez classique : la ville de Baltimore est gangrenée par la drogue, et une unité spéciale est mise en place pour lutter contre ce trafic, avec en ligne de mire, deux caïds de l’ouest de la ville. La série est basée sur les livres documentaires de David Simon, ancien journaliste du Baltimore Sun, spécialisé dans les crimes.

Seulement voilà, la série est en réalité beaucoup plus complexe. Si l’intrigue de départ est très classique (pour tout vous dire, j’étais pas hyper emballée quand mon amoureux avait proposé la série), elle n’est que le noyau initial d’une analyse profonde de la ville de Baltimore, de sa criminalité, de son quotidien et de sa population. Bien vite, les enquêtes grattent et soulignent toutes les couches de corruption, de trafic, de marchés qui manipulent la ville, jusqu’aux plus hautes sphères. D’ailleurs, les saisons sont découpées à chaque fois sur un thème différent de la ville, bien que le lien avec la drogue et l’enquête initiale soit omniprésent comme fil conducteur.

  • La saison 1 fait un focus sur la guerre des gangs.
  • La saison 2 se concentre sur le port de Baltimore, ses syndicats, la contrebande.
  • La saison 3 met en lumière la sphère politique et la course au pouvoir.
  • La saison 4 nous présente un peu plus les enfants et les adolescents de Baltimore ; le système éducatif surtout, et leur choix à faire entre la rue et leur instruction.
  • La saison 5 vient s’intéresser aux médias, au traitement de l’information, et forcément, au jeu de pouvoirs autour.

Bref, des dizaines de personnages tous plus différents les uns que les autres, des hautes sphères de la ville aux ghettos, du politicien au junkie SDF, du policier au trafiquant. Tout un monde qui évolue en se côtoyant bien plus que ce qu’on ne pourrait penser.

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La grande force de The Wire, au-delà de la construction très aboutie de l’intrigue (les enquêtes sont très minutieuses), c’est son absence de manichéisme. Les gangsters ne sont pas foncièrement méchants, les policiers pas toujours honnêtes ; l’attachement qu’on éprouve pour eux est grandissant au cours des saisons, d’autant que la psychologie des personnages est extrêmement bien travaillée. Ils sont complexes, emplis de doutes, émouvants, tantôt forts, tantôt faibles, mais toujours réalistes, crédibles et humains. Les acteurs quant à eux, sont juste parfaits, et parviennent à merveille à rendre leurs personnages terriblement attachants. C’est une vraie photographie, voire une radiographie de Baltimore qu’on nous propose, avec justesse, authenticité et émotion à chaque couche sociale observée.

En fait, on ne peut même pas caser cette série dans une case criminelle, policière ou politique. The Wire c’est un tout, une catégorie à part entière, qui mène investigation et enquêtes avec une minutie presque documentaire, sans pour autant être dépourvue d’émotions. Parce que cette série, elle vous amène à vous offusquer, à être outré devant cette ville qui pourrit sur elle-même, comme un chien qui se mordrait la queue, à être touché en plein cœur par le désespoir des uns et par les petits bonheurs des autres.

The Wire est une série exigeante, et c’est sans doute la plus aboutie à mes yeux. Je suis toujours impressionnée en repensant qu’aucune saison ne m’a paru plus faiblarde que les autres, ou qu’aucun épisode n’ait frappé à côté. The Wire sonne toujours juste, avec une intelligence que je n’ai pas encore vue égalée à la télévision.

Vous connaissez ? Êtes-vous, comme moi, très emballés ? Ou sinon, êtes-vous tentés d’y jeter un œil ?