Lire pour être heureux ?

Une fois n’est pas coutume, parlons livres et lecture. Vous l’avez compris, lire a une grande place dans ma vie, essentielle. Du moins, la lecture a repris cette place importante, qu’elle avait perdue à un moment. Et la différence flagrante entre mon moi grande lectrice et mon moi non lectrice m’interpelle.

Alors que j’avais toujours été une grande lectrice (un vrai rat de bibliothèque), entrer à l’université a eu le curieux effet de me faire freiner dans mes lectures, du moins mes lectures plaisir. Tout au long de mes années d’études, j’ai moins lu, voire pas lu du tout pendant des périodes de plusieurs mois. Je ne sais pas exactement pourquoi. Moi qui ne passe plus une journée sans lire pendant au moins un petit moment, je me demande encore comment j’ai pu faire à l’époque. Je lisais pour la fac, des livres presque toujours théoriques, j’étudiais, je sortais, je regardais la TV, et je n’ouvrais plus un seul roman, pas même une BD. Vous me direz, des tas de gens ne lisent pas régulièrement, ce n’est pas non plus le drame d’une vie. Oui, mais…

Mais, parce que ces années correspondent à l’époque de ma vie où, avec le recul, j’ai été la plus stressée et la plus en proie à des angoisses envahissantes. J’étais une boule de nerfs ; heureuse au fond, mais constamment inquiète, vampirisée par des élans de stress, d’angoisses, voire d’obsessions dès que les choses n’allaient pas comme je le voulais. Le fait est que je suis d’une nature facilement stressée, que j’ai tendance à vouloir tout contrôler, et à me sentir mal quand je n’y parviens pas. Pendant longtemps, je me suis laissée envahir par le stress, devenu chronique, au point de vivre avec une boule constante dans le ventre, et cette sensation pénible d’oppression dans la poitrine en me réveillant tous les matins. J’ai commencé à bosser, j’avais la tête dans le guidon, j’étais en roue libre, j’ai continué comme ça un moment, à vivre avec cette anxiété permanente et à être sur le fil du rasoir régulièrement.

Jusqu’au jour où sur mon fil Facebook, un post d’une copine qui s’enthousiasmait pour le premier tome de Vernon Subutex a attiré mon attention. Le résumé me plaisait bien, la couverture aussi. Il y avait une librairie à cinquante mètres de chez moi (le comble), j’y suis allée dans la journée, et j’ai acheté mon premier roman depuis longtemps.

Je l’ai dévoré. La sensation a été instantanée, j’ai replongé avec frénésie dans le plaisir de lire, ce besoin de ne pas lâcher le livre, d’être dans une bulle éphémère. Le plaisir que m’a apporté cette lecture, et surtout, ce moment de tranquillité qu’elle m’a apporté, je ne voulais plus m’en priver. Et je me suis remise à lire, aussi simplement que j’avais arrêté. Cette nervosité constante, presque attachée à moi, a fini par me lâcher : pas juste à cause de la lecture, j’ai fait un certain travail sur moi-même pour y parvenir, mais la lecture y a joué un énorme rôle. Je le constate tous les jours, mes minutes de lecture sont des moments de bonheur rien qu’à moi.

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  • Lorsque je lis, je ne pense à rien d’autres que l’histoire que j’ai sous les yeux. C’est mon moment sans pensées parasites, alors que d’ordinaire, je suis du genre à penser à mille choses en même temps. Lorsque je lis, mon cerveau freine, il cesse de tourner à plein régime. Et comme c’est reposant !

 

  • Lire me permet de prendre du recul, et de relativiser ce qui, au quotidien, me paraît insurmontable. Lorsque je lis, je suis souvent confrontée aux problèmes et aux angoisses des autres : j’y compatis, je m’y reconnais ou non, mais dans tous les cas, je prends du recul. C’est salvateur, finalement, c’est comme su chaque livre pouvait crier à son lecteur « Tu n’es pas seul ».

 

  • La lecture permet de m’évader et de vivre mille vies par procuration. J’aime ma vie, j’aime mon quotidien, aujourd’hui. J’ai la chance d’être très heureuse en amour et d’avoir construit ma vie. Mais si je me sens aujourd’hui aussi épanouie, c’est aussi parce que les livres me permettent d’aller ailleurs, de voyager et de vivre des aventures fictives loin de mes tracas éventuels.

 

  • Lire me donne confiance en moi, me rassure. Ne me demandez pas pourquoi, mais je suis devenue beaucoup plus assurée, confiante depuis que je me suis remise à lire. Peut-être que la combinaison des bienfaits de la lecture me rendent plus heureuse, et du coup, plus confiante en moi-même ? Toujours est-il que c’est agréable, de moins douter de soi.

 

Ce que je constate, c’est que je suis plus épanouie. Je crois que finalement, je suis fondamentalement lectrice, c’est un besoin chez moi, que j’ai trop longtemps mis de côté. Et bon sang, ce que ça me rend heureuse et sereine, de savoir que chaque livre à venir sera une nouvelle petite parcelle de bonheur  !

Et vous, quel est votre rapport à la lecture ?