5 conseils pour se (re)mettre à l’écriture

Ce n’est pas la première fois que je confie par ici que j’aime écrire. Pour la raison toute bête que cela me fait du bien. Avant, pendant, après. Bien sûr, il y a des moments de frustration intense, parce qu’écrire, que ce soit une fiction, des articles, ou même un mémoire (le cauchemar de toute une vie étudiante), c’est un challenge constant avec soi-même. Et pour éviter de se retrouver dans une position un brin délicate façon Shining, il vaut mieux apprendre à gérer cette frustration.

Si j’ai toujours écrit, je ne l’ai pas toujours fait avec la même assiduité. Depuis mon enfance, j’ai rempli des cahiers, des tiroirs entiers de notes. J’ai autant de brouillons de nouvelles, de romans, de petites phrases glissées çà et là que j’ai pu manger de graines de tournesol dans ma vie. Et j’ai un très sérieux problème d’addiction avec les graines de tournesol, sachez-le.

Autant l’acte d’écrire me rend heureuse, autant celui de ne jamais être capable de mettre un point final à ce que je fais m’a longtemps désespérée. Découragée même, jusqu’à devenir une nouvelle excuse à ma passion pour la procrastination. Tenir ce blog a, de ce point de vue, était un premier progrès : je finis mes articles, je respecte les délais de mes chroniques, je m’occupe régulièrement de mes papotages. Et au-delà du sentiment de satisfaction que cela m’apporte, j’ai commencé à retrouver une nouvelle motivation dans mon désir de mener un projet d’écriture jusqu’à sa fin.

J’ai donc recommencé à écrire un roman qui me traîne en tête depuis tellement longtemps que mes personnages me surnomment vieille branche quand on se croise. Et vous savez quoi ? J’avance drôlement bien. Je n’ai jamais été aussi inspirée, et peu rebutée par les difficultés. Pour mettre toutes les chances de mon côté, ne pas perdre trop vite (ou pas du tout) cet élan de motivation, j’ai mis en place des petites choses qui me font garder le cap.

Savoir dédramatiser un blocage

Combien de fois me suis-je retrouvée, emballée dans l’écriture, tout à mon enthousiasme quand progressivement… Bam. Plus rien. On écrit des mots avec l’impression qu’ils sont mauvais, que ça n’a plus de sens. Ou l’on écrit plus rien, parce que rien de ce qui nous vient à l’esprit ne semble être ce qu’il faut. Et là, le risque est grand de laisser tomber. Je l’ai fait de (trop) nombreuses fois.

Une scène pose un réel problème ? Inutile de s’acharner dessus. On peut y revenir plus tard. Ce n’est pas parce qu’on ne parvient pas tout de suite à rédiger quelque chose qu’on y arrivera jamais. Si c’est tout le récit qui vous bloque, peut-être qu’il faut simplement prendre quelques jours de pause, ou peut-être qu’il faut écrire autre chose en attendant. Ce n’est simplement peut-être pas le bon moment. J’ai une histoire dans mes brouillons, dont j’aime énormément l’idée, que je ne voudrais abandonner complètement pour rien au monde (je me suis promis que j’en ferai quelque chose un jour). Mais en ce moment, j’écris quelque chose de drastiquement différent, pour la simple et bonne raison que j’ai besoin d’autre chose. Je n’arrive pas à écrire pour cette histoire, elle m’affecte énormément pour le moment, alors je préfère m’investir dans une autre histoire  moins lourde de sens. Pourtant, elle est très importante à mes yeux. Est-ce que c’est grave pour autant ? Non. Je peux écrire autre chose. L’histoire ne va pas s’envoler. Ce n’est pas procrastiner : ça j’ai mis du temps à le comprendre, et mon obstination à vouloir mettre un point final à cette histoire alors que je n’étais pas prête m’a bloquée. Et c’était vraiment bête, parce que ce que j’écris actuellement me fait beaucoup de bien, et c’est sans doute parce que j’en avais besoin. Pas d’échec, juste un détour.

Noter ses idées

Certains auront peut-être l’impression que j’enfonce une porte ouverte. Seulement parfois, les idées arrivent à des moments totalement inattendus. L’autre jour, j’ai eu une idée qui m’avait plutôt enthousiasmée en faisant le ménage, et je ne l’ai pas notée. Elle est partie avec ma lessive et n’est pas encore revenue. Maintenant, je note tout : sur un petit carnet, dans mon téléphone. Mais surtout pas sur des feuilles volantes, parce que je les perds systématiquement. Régulièrement, je regroupe mes idées et les organise dans la trame de l’histoire (j’y reviens juste après). C’est un moment de tri assez utile car parfois, avec le recul, ça ne paraît plus aussi bon, et parfois, ça colle parfaitement.

Organiser ses idées

Pendant longtemps, j’ai été du genre à écrire de façon très spontanée, sans trop de plan. Juste avec une idée, ou quelques unes, sans organiser les choses. Force est de constater que ça ne marche pas dans mon cas. Si vous êtes capable de mener un projet jusqu’au bout sans plan, bravo à vous. Je sais que c’est possible, mais c’est un échec cuisant pour ma part. Honnêtement, j’aimerais pouvoir le faire, car le côté préparation est un aspect du processus que je n’aime pas vraiment et dont, pourtant, je ne peux visiblement pas me passer. A moins d’accepter d’être éternellement frustrée.

Cette fois-ci donc, je me suis disciplinée, organisée. J’ai mon cahier, mes notes organisées en rubrique, avec un index au début. J’ai le synopsis général, le détail des personnages (et ce qui leur arrive en gros), le plan des chapitres, et même une carte mentale au début, parce que je suis une personne très visuelle. Pour m’aider, j’ai suivi partiellement la méthode flocon, en l’adaptant à ma sauce. Cette fois-ci, je sais exactement où je vais et quand j’ai un petit blocage, relire mes notes, mes préparations, me remet souvent sur le droit chemin. Je l’aime donc mon petit cahier, et je dois l’avouer, petit à petit, rationaliser mon histoire ne m’a plus paru aussi laborieux qu’au début. C’était même assez gratifiant.

Créer un environnement propice à l’écriture

Avoir une ambiance de « travail » est capital si comme moi, vous avez un penchant dramatique à la rêverie et à la procrastination. Dans un environnement « normal », même s’il est calme, ma capacité d’écriture est très limitée. Mon doigt glisse toujours vers mon navigateur internet, mes yeux sur ce que fait mon chien, mon intérêt vers la quête que mon geek de compagnon est en train d’accomplir à quelques mètres, mes oreilles vérifient que la machine à laver tourne correctement. Et tout ça, c’est quand je suis concentrée.

Et puis, mon amoureux m’a offert un casque à réduction de bruit. La première étape dans mon isolement. Mais que je l’aime, ce casque ! Il me coupe des bruits parasites qui attirent si facilement mon attention. Je l’ai ensuite couplé à une autre découverte que j’ai faite, pour ne pas changer, sur le blog Mango and Salt. J’ai nommé, le logiciel d’écriture Ommwriter : en fait, Ommwriter est surtout une ambiance d’écriture. C’est un espace qui vous permet de ne vous concentrer que sur votre créativité. Un fond très pur, très minimaliste, qui prend la place de tout votre écran, un moment coupé de vos notifications, la possibilité d’écouter un fond sonore zen, adaptable à l’ambiance de votre projet, ou encore un très léger son pour accompagner vos doigts sur le clavier… C’est ça Ommwriter, un moment entre l’écriture et vous. Il n’est pas possible d’y effectuer une mise en page poussée, d’y insérer et organiser des notes comme avec Scrivener par exemple. Pour ma part, ça ne me dérange pas, au contraire, car cela me permet de vraiment me concentrer sur les mots. Avec mon casque audio et ce petit logiciel qui m’isole avec ma créativité, je suis dans une bulle, dans mon histoire, et je n’ai jamais été aussi productive. (Et zen tout en étant productive, d’ailleurs…).

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Bref, trouvez-vous votre truc pour transformer véritablement vos moments d’écriture en vos moments à vous, qui vous permettront d’aller au fond des choses. On y gagne tellement, je vous assure !

Se fixer des objectifs

Je vous en parlais récemment, cette année, pleine de motivation, je me suis lancée dans le NaNoWriMo. Le NaNoWriMo, c’est un projet d’écriture mondial auquel n’importe qui peu participer : le but, c’est d’écrire, pour soi, en un mois (novembre), un premier jet de roman faisant un minimum de 50 000 mots. Pas d’autre récompense à la fin du mois de novembre que la satisfaction d’avoir abouti quelque chose, d’être arrivé au bout de ces 50 000 mots. Et c’est déjà énorme, parce que c’est un défi très difficile. Pas impossible, mais difficile. Seulement, cet esprit collectif de motivation, de créativité, d’amour de l’écriture, d’envie, peut donner des ailes. J’y participe sans pression, car l’aspect hyper productif n’est pas totalement pas ma tasse de thé : le Nano demande de ne pas se corriger, d’écrire comme ça vient. J’ai essayé, je n’y arrive pas. Tant pis. Cela ne m’empêche pas d’avancer vraiment bien : mon but personnel est d’atteindre au moins 30 000 mots… Si je parviens au 50 000 ce sera encore mieux, mais je vise mon propre objectif. Et pour l’instant, c’est très bien parti ! 🙂 C’est une sacrée source de motivation, une discipline qui me permet de ritualiser l’écriture, et d’avancer avec plus d’efficacité. Une fois le mois de novembre terminé, je me fixerais donc un autre objectif pour la fin de l’année.

Et vous, vous écrivez ? Vous avez des conseils à partager ?

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