L’Objet de mon affection – Louis Lucas

Lecture, vous avez dit lecture ? Je vous donne aujourd’hui rendez-vous avec un roman lu il y a quelques semaines, confié à mes yeux curieux par son auteur, que je remercie encore pour sa confiance. Si j’ai longtemps été assez réfractaire à l’idée de lire des romans édités par la plateforme Edilivre ou des auto-édités, je me prête au jeu depuis quelques mois, et parfois avec beaucoup de succès (souvenez-vous de la jolie surprise du roman Blanche). Alors, équipée de mon plaid et de mes grosses chaussettes, je me suis plongée dans ce nouveau roman. Et une fois de plus, je suis bien contente d’avoir mis mon nez dans un livre, qui malgré quelques défauts, s’est avéré être une agréable lecture.

QUI, QUE, QUOI ?

L’Objet de mon affection est le premier roman de Louis Lucas : un roman qui se veut une histoire, mais empreinte de psychologie.  C’est l’histoire de Léo, qui, dans le train qui l’emmène retrouver sa compagne Julia, fait une rencontre. Une rencontre féminine, celle d’Olivia, qui va bouleverser les choses.

MON AVIS

Je dois dire que les toutes premières pages ne m’ont pas convaincue. J’avais l’impression de lire quelque chose d’assez cliché sans vraiment l’être : une sensation que je n’aime pas trop et qui m’arrive de temps en temps avec la littérature contemporaine, celle de lire quelque chose qui se voudrait original mais qui ne l’est pas vraiment. Cependant, j’ai fini par bien plus accrocher à ce roman, et finalement, à lui reconnaître une certaine profondeur qui m’a permis non seulement de m’attacher aux personnages, mais aussi de m’y identifier.

Ce que j’ai beaucoup apprécié dans ce roman, c’est la profondeur de l’analyse des personnages. L’Objet de mon affection n’est pas une suite de rencontres, d’histoires et de péripéties : j’insiste au contraire sur l’effort de l’auteur pour proposer des personnages complexes, avec une psychologie très réaliste. Louis Lucas aborde par le biais de ses personnages des sujets modernes et compliqués (le doute, la routine, le désir d’être quelqu’un d’autre…) qui donnent un vrai sens à son roman, voire plusieurs. Moi qui aime les personnages approfondis, avec des défauts, des doutes, j’ai été servie : on admire pas les personnages de ce roman, mais on les comprend et on s’y identifie réellement. Finalement, je trouve qu’à travers ses personnages, cette histoire s’intéresse presque à un problème de génération : grandir, évoluer, sans savoir si on le fait de la manière dont il le faudrait/dont on le voudrait. Et puis aussi, la question de l’amour, de la sécurité, et celle de la passion amoureuse. Tout cela fait de ce roman une histoire moderne, actuelle, mais en même temps assez intemporelle. J’ajouterais également que l’intrigue est bien ficelée, et que l’histoire simple des premières pages vient autant se complexifier que la personnalité des personnages, avec un dénouement que j’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir.

Pendant ma lecture, j’ai eu l’impression que l’auteur avait mis beaucoup de lui-même dans son roman : pas forcément son histoire, car je ne la connais pas, mais entre l’importante part de psychologie et la multitude de références culturelles, j’ai ressenti quelque chose de très réel derrière tout cela. Les amateurs de musique et de littérature apprécieront d’ailleurs ces nombreux clins d’œil à une culture autant classique que plus contemporaine.

En ce qui concerne l’écriture, je demeure assez partagée, et du coup, un brin insatisfaite. Louis Lucas sait très bien écrire : certains phrases sont musicales, percutantes quand d’autres, malheureusement, se perdent dans trop de complexité. Je regrette quelques longueurs dans les descriptions, qui viennent alourdir un style qui pourtant en étant plus stable, plus épuré, ne m’aurait pas perdue. Quelques coquilles viennent également gâcher le plaisir de la lecture, et pour le coup, c’est vraiment dommage. J’en suis ressortie avec l’idée que l’auteur avait encore le besoin (et le temps, d’ailleurs…) de prendre encore un peu d’assurance, mais après tout, c’est souvent le cas des premiers romans.

Une belle histoire, donc, qui ne cherche pas à mentir : dans une histoire simple, Louis Lucas parvient à mettre en lumière la complexité qu’on peut trouver dans le quotidien de chacun.

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