La Mort devant soi – Ophélie Curado : un road-trip intense

Amis lecteurs du jour, bonjour ! Je vous retrouve en effet aujourd’hui pour une nouvelle chronique littéraire : si j’ai beaucoup lu ces derniers mois, les comptes-rendus n’ont pas toujours suivis, absorbée dans mon propre projet d’écriture comme je l’étais. Mais on ne se refait pas, et la bavarde que je suis a envie de discuter lecture. La chronique du jour est celle du roman d’une vraie passionnée, La Mort devant soi d’Ophélie Curado, alors accrochez-vous à vos claviers !

QUI, QUE, QUOI ?

Vous connaissez peut-être déjà Ophélie Curado via son magazine et sa page Facebook Le Coin littéraire et son site Le Journal des lettres. Une passionnée de lecture donc, qui a décidé d’auto-éditer son roman, La Mort devant soi, et plus exactement le premier tome La Fureur de l’aube.

L’histoire est d’abord celle de Mélina Flores, une jeune femme qui n’a jamais quitté le Texas : elle vit dans le ferme laissée par ses parents, sans grande perspective d’un autre avenir que celui de rester là où elle a toujours vécu. Tout change lorsque deux hommes frappent à sa porte et lui annoncent qu’elle n’a plus qu’une semaine à vivre. Si elle désire en savoir plus, il lui faudra payer, et cela de plus en plus. Quittant ce qu’elle a toujours connu, Mélina entame un road-trip à travers le Texas au cours duquel elle va tout affronter.

MON AVIS

J’avais choisi ce livre pour son pitch de départ : l’histoire d’une jeune femme enfermée dans une routine presque mortifère, qui se retrouve poursuivie par l’annonce de sa mort et une étrange société secrète… et en plus dans les années 70, une époque qui me fascine !  Tout pour me tenter ! J’ai donc entamé ma lecture très enthousiaste, m’imaginant déjà une course-poursuite haletante à travers le Texas.

Je maintiens mon premier sentiment, l’idée de base de cette mort annoncée et du road-trip qui s’en suit est excellente. Il y a une urgence qui s’ancre dans la personnalité de l’héroïne, très appréciable, et que j’ai trouvé très bien traitée. Les personnages qui la rejoignent sont tout aussi approfondis et attachants qu’elle, rien n’est traité superficiellement, loin de là. Cette intrigue étrange ne s’arrête pas simplement à une question de scénario, et se développe tout au long du roman, avec de très beaux moments d’introspection. C’est là quelque chose que j’ai trouvé de très réaliste, d’intime, avec des pensées certes presque philosophiques, mais bien proches de nous, entre regrets, inquiétudes et espoirs. Mélina connaît désormais l’urgence de vivre face à une mort presque immédiate, et cet aspect est mené avec beaucoup de justesse. C’est ce que j’ai préféré tout au long de ma lecture, par ailleurs riche en rebondissements : si certains passages de ce road-trip sont très contemplatifs (comme des photographies mentales), l’intrigue en elle-même connaît plusieurs retournements de situation, et la fin assez brutale est venue me surprendre agréablement.

Ces très belles qualités sont cependant un peu ternies par des longueurs qui viennent casser le rythme d’une lecture qui aurait pu être plus « efficace » sans être superficielle. Si les chapitres sont courts, des passages tournent en rond, et cela dénote avec l’aspect urgent de la situation. C’est assez paradoxal, et dommage. L’écriture très riche en descriptions, en vocabulaire (et même en annotations de bas de page) vient souvent renforcer ce sentiment. J’ai même trouvé certaines pages laborieuses. Un peu comme si l’auteure avait pêché par excès d’enthousiasme. Je regrette que l’écriture ne soit pas un peu plus synthétique, pour des passages plus épurés non forcément en terme de style, mais tout simplement pour moins faire errer le lecteur.

Mais si je regrette cet aspect de « trop », c’est parce que j’ai su, pendant plusieurs passages, être particulièrement charmée par les descriptions. La Mort devant soi m’a envoyée tout droit au Texas, de façon étourdissante parfois. Certaines scènes sont vraiment très visuelles, je dirais même que le roman est en lui-même très visuel. La plume d’Ophélie Curado, très imagée, pleine de couleurs et d’odeurs, vaut le détour, elle mériterait simplement d’être un peu plus épurée pour être plus percutante. D’autant que si il y a bien une chose que l’on sent en lisant ce roman, c’est de la passion : pour l’écriture, pour la nature humaine, pour le Texas même.

Un roman intense donc, qui, s’il pêche à plusieurs reprises à cause de certaines longueurs, ne manque pas de personnalité, et sûrement pas de décors ou de dépaysement.

Vous pouvez vous procurer La Mort devant soi en numérique et papier sur Amazon et sur la Fnac.

Et vous, il y a-t-il une lecture qui vous a fait voyager récemment ?

6 commentaires sur « La Mort devant soi – Ophélie Curado : un road-trip intense »

  1. Merci pour ce partage et tes explications. Cela va faire deux ans (!) que j’ai entamé « Anna Karenine », que je lis à petites doses, et qui me fait voyager à la fois dans le temps et l’espace. Le ressenti des personnages est parfaitement bien rendu, en tout cas dans la traduction que j’ai du roman. Tu connais?
    J’espère que ton travail d’écriture progresse comme tu le veux. J’imagine que tu le fais sur l’ordi, mais as-tu un carnet en plus, où tu notes tes idées ? (C’est ce que je fais pour mes recettes 😊)
    Bon dimanche!

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    1. Bonjour Joëlle !
      Oui, je connais Anna Karenine, j’avais commencé à le lire il y a quelques années, et puis j’avais décroché et arrêté ma lecture. Je me suis toujours dit que j’allais retenter ma chance d’ailleurs, dans des circonstances plus favorables.
      Oui, j’ai un carnet pour noter mes idées – je suis une accro aux carnets en fait aha – et c’est vraiment pratique !
      Bon dimanche à toi aussi !

      Aimé par 1 personne

  2. Voilà une description honnête et constructive ! C’est vrai que le synopsis est fascinant, j’admire toujours l’audace et la passion des romanciers qui se lancent pour la première fois dans l’aventure, ce doit être tellement grisant comme expérience ! (D’ailleurs tu pourras sans doute nous en parler hihi !). Certaines personnes aiment justement lorsque les textes sont longs et « pompeux », personnellement c’est ce qui a tendance à me faire un peu fuir dans un roman. La personne sait écrire de façon merveilleuse, c’est génial et à vrai dire je comprends tout à fait qu’on puisse avoir envie de le montrer. Mais c’est tellement chouette de se laisser emporter par une histoire qui en plus de sortir de l’ordinaire, se lit facilement !
    En tout cas je suis très intriguée par tes révélations de fin sur ce roman, je t’avoue que ça me donne envie d’en savoir plus ! 🙂 Merci pour cette jolie découverte Sixte ! Gros bisous !

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    1. J’admire la ténacité et le courage d’Ophélie, on sent qu’elle a mis ses tripes dans son roman, en fait 😉 Son idée de base est vraiment très bien pensée, et ce côté road-trip aussi… Ravie de t’avoir fait découvrir cet univers particulier en tout cas, et merci pour ton petit mot ! Bises !

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