Baby Jane à Broadway – Ahava Soraruff : l’art de la romance « mais pas que »

Bonjour, bonjour ! Je ne sais pas s'il y a encore quelqu'un par ici : après tout, je mérite bien une légère désertification après avoir abandonné mes papotages si longtemps. Je ne vais pas me lancer dans de longs paragraphes sur les raisons de mon exil : si vous me suivez sur Instagram ou sur Twitter, vous avez eu un peu de mes nouvelles, vous savez que j'ai consacré ces derniers mois à l'écriture de mes propres projets, et à me dépatouiller avec mes soucis de santé un peu pénibles. La vie réelle m'a beaucoup occupée ces derniers temps, et j'ai choisi de consacrer tout le temps et l'énergie qui me restaient à écrire, écrire, et encore écrire. J'ai deux romans presque "aboutis" (autant que faire se peut, hein, si ça se trouve, c'est tout moisi), actuellement en relecture. L'un restera encore dans un tiroir un moment, le temps de mûrir. Quant à l'autre, il va partir bientôt vers l'inquiétante aventure des envois aux éditeurs : je vous en parlerai bientôt. Toujours est-il que vous n'avez pas pour autant disparu de mes radars pendant cette quasi année de pause, au contraire. Merci pour vos commentaires, vos mails, vos petits messages.

BREF, j’avais dit que je n’allais pas écrire une tartine sur mon absence : la tartine que je veux écrire, c’est sur ce formidable roman que j’ai lu il y a quelques mois, Baby Jane à Broadway, de la très chouette autrice Ahava Soraruff et publié aux éditions Charleston. J’ai eu un beau coup de cœur pour ce roman, et je ne résiste donc pas à l’envie de vous en parler, d’autant que je crois qu’il plairait à certaines personnes qui aiment flâner par ici 😉 Une romance bourrée de jolies choses, complexe par les sujets qu’elle aborde (avec beaucoup de finesse) mais pas prise-de-tête, qui vous plonge dans le New-York des années 80 : et croyez-moi, si vous ne le savez pas encore, vous en avez envie, de ce New-York là !

QUI, QUE, QUOI ?

Baby Jane à Broadway est le premier roman de Ahava Soraruff, et Coup de coeur du prix du livre romantique (concours Charleston, pour les connaisseuses et connaisseurs !). Son deuxième roman, Les Audacieuses, vient de paraître, et je ne vais pas vous mentir en disant qu’il va vite rejoindre mes achats livresques du mois de mars.

Tess est une ex-danseuse qui ne sort presque plus de chez elle, la faute à un incendie meurtrier dont elle a été victime et qui l’a traumatisée. Devenue agoraphobe, elle vit recluse dans son appartement de Brooklyn en compagnie de son mari qui ne sait pas vraiment comment l’aider à aller mieux. Isolée, elle se rassure dans un quotidien ritualisé qui la rassure autant qu’il l’affecte, car elle désire profondément se libérer de ses tocs, de cette phobie du monde extérieur. Et voilà qu’un curieux déclic se fait lorsqu’elle tombe sur une annonce pour une audition. L’appel de la danse, couplé à celui de retrouver sa vie d’avant, la pousse à se dépasser plus qu’elle ne l’aurait imaginé. Tess nous embarque donc dans le monde du Broadway des années 80 à travers le montage d’un spectacle de cabaret. Elle veut sa place dans cette compagnie, sur les planches du théâtre, et pour ça, il va falloir composer avec beaucoup de choses : ses peurs, les autres danseuses hautes en couleurs, et également un directeur artistique/metteur en scène vraiment pas facile à cerner.

MON AVIS

Je n’ai pas fait de mystère dès mes premiers mots à propos de ce roman et pour cause, je l’ai tout simplement adoré. Avec le recul de plusieurs mois après ma lecture, j’ai toujours autant d’affection pour l’histoire de Tess. Ce livre a été une lecture doudou, très cocooning, et j’ai pris un énorme plaisir à me plonger dans les mots d’Ahava Soraruff. Je regrette d’ailleurs un peu de l’avoir acheté en e-book, car c’est une lecture pour laquelle j’ai développé une certaine tendresse et que je trouverais chouette d’avoir dans ma bibliothèque. En plus, j’adore la couverture.

BREF, Sixte, sois mignonne, développe un peu tes propos et explique donc un peu mieux pourquoi tu as tant aimé ce roman plutôt que de papoter, veux-tu ?

Baby Jane à Broadway est une belle histoire qui, si elle s’attache à respecter les codes de la romance et ce qu’on en attend (de l’amour, un peu de drame, des malentendus aussi), ne se contente pas d’une simple histoire d’amour. Il y a un vrai fond, une authenticité qui vient se greffer à tout ça, autant dans le décor, dans l’ambiance, que de la complexité des personnages et de leurs relations. Voilà, si je devais résumer ce que j’ai aimé dans ce roman, c’est qu’il offre plus que ce que le résumé (et d’éventuels préjugés sur les romances) promet.

Il y a Tess, surtout, avec ses angoisses et ses manies, que l’on a de plus en plus envie de voir décoller : elle parle à ses pieds pour se donner le courage d’avancer, elle est parfois peureuse mais quand même valeureuse, se complaît dans sa zone de confort et pourtant, nous surprend à en sortir. Ses doutes peuvent peut-être agaçants parfois, j’imagine, en tout cas ils ne l’ont pas été pour moi : Tess est vraiment très humaine, et les humains, on a parfois autant envie de les secouer comme des pruniers que de les serrer dans ses bras en leur promettant que tout ira bien, pas vrai ? Et pour moi, championne des doutes parfois paralysants, des angoisses qui paraissent toujours idiotes aux autres, lire le combat de Tess a eu quelque chose de très décomplexant. J’ai vraiment apprécié de ne pas voir les efforts du personnage balayés, passés trop superficiellement. La lutte de Tess contre sa phobie n’est pas éludée, les effets physiques de son anxiété ne sont pas passés sous silence. L’histoire de Tess, c’est une vraie renaissance, et ce n’est pas résolu en un claquement de doigts. Elle pleure, elle se fatigue, elle transpire et elle s’amuse aussi. Tout ça, avec de l’humour en prime et des questions d’ego blessé qu’on aime tant dans les histoires d’amour,  cela rend le personnage de Tess très attachant. Sous ses airs de chaton bonne poire, en fait, Tess est une tigresse boxeuse.

Et, plus que l’histoire de Tess et de ses défis pour retrouver la vie qu’elle veut retrouver, il y a un tas de questions abordées, grattées au fur et à mesure du roman, et qui viennent le complexifier. La perception que l’on a de soi, en tant qu’adulte, que personne accomplie ou pas. Le poids des peurs que l’on cultive, des héritages et des attentes, des sentiments qui s’essoufflent. A ce sujet, les personnages secondaires sont d’ailleurs bien plus que des figurants.

La question de la relation parent-enfant, et surtout fille-mère, est largement abordée grâce à Charlotte, la fille de Tess, à qui cette dernière raconte son histoire. J’ai beaucoup aimé cet aspect du roman, qui vient montrer aussi combien les non-dits des parents (ou les trop-dits, d’ailleurs), les attitudes, les exigences, impactent les enfants. Si ce n’est pas l’aspect essentiel du roman, qui reste une histoire romantique, il est néanmoins bien présent, et donne une épaisseur supplémentaire à l’histoire.

Ajoutez à cela le plongeon dans le New-York des années 80, et en particulier ce Broadway dans lequel Andrew Lloyd Weber triomphe, de la danse, des plumes, des projecteurs, des disputes, des rendez-vous ratés, et puis du romantisme aussi, et vous vous retrouvez avec un roman vraiment difficile à lâcher. J’ai peut-être un regret sur le dénouement de l’histoire de Tess, dont j’aurais peut-être préféré qu’un pan de la vie soit géré autrement, mais j’imagine qu’il convient à d’autres.

Donc, vous l’aurez compris, finalement, ce roman a été une très belle lecture. Si vous aimez les romances, je ne peux que vous le conseiller, parce que c’est une chouette histoire à la fois très émouvante mais qui sait être très drôle aussi, avec les grands codes du romantisme à la clé. Mais si vous vous méfiez un peu des romances actuelles (c’est mon cas), vous risquerez quand même de tomber sous le charme de Tess, parce que c’est surtout une belle histoire qui n’a pas peur d’essayer de parler un peu plus que d’amour.

D’ailleurs, moi qui avais pris un peu de distance avec les romances, peut-être un peu par snobisme (ce fléau), je me retrouve à faire mon mea culpa. Je prends tous vos conseils de lectures sur ce genre !

Vous avez entendu parler de ce roman ? Il vous tente ? 

 

6 commentaires sur « Baby Jane à Broadway – Ahava Soraruff : l’art de la romance « mais pas que » »

  1. Hello ! Comme ça fait plaisir de te « revoir » ! J’espère que cette fois tu resteras avec nous pour longtemps 🙂 En tous cas cette revue est très interessante ça donne envie de se plonger dans cette histoire !

    Des bisous 🙂

    Aimé par 1 personne

  2. Merci beaucoup pour cette critique 😊
    Je note donc ce livre, et en format papier afin de pouvoir le prêter autour de moi!
    En attendant un prochain billet, surtout prends soin de toi…

    Aimé par 1 personne

  3. J’aime tellement ta faon d’écrire et je suis contente de te voir revenir ici ! Tu me donnes bien envie de lire ce roman. Je n’en avais pas entendu parler jusqu’à maintenant, et ces thématiques m’ont l’air très prenantes.
    Douce journée à toi !

    Aimé par 1 personne

    1. Oh merci ♥ Je suis bien contente de me remontrer par ici aussi héhé 😉 Très franchement, s’il te tente, fais-toi plaisir, je l’ai vraiment beaucoup aimé ! Dépassement de soi, histoire d’amour, relations familiales, il a tout ce qu’il faut ce petit roman ♥ Belle journée à toi aussi !

      Aimé par 1 personne

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